Un théâtre de bois, un théâtre du monde où l’un et l’autre se font écho

«Je voudrais qu’on me joue de façon toute simple, primitive… sur l’avant-scène, des chaises... Et puis de bons acteurs qui jouent. C’est tout.  Et sans oiseaux, sans humeurs accéssoiresques... Ça me plairait beaucoup de voir ma pièce représentée de cette façon là...

 Ce que j’écris c’est la vie…».

Anton Tchékhov

 

 

La Mouette : « Une comédie, trois rôles de femmes, six d’hommes, quatre actes, un paysage (une vue sur un lac); beaucoup de conversations sur la littérature, peu d’action, une tonne d’amour… » (Lettre à Souvarine, 21 octobre 1895, Mélikhovo). Une jeune fille qui vit au bord du lac, libre, gaie, comme une mouette ; un homme passe, il lui prend sa vie. Comme une mouette. C’est tout. On connaît la pièce. L’histoire, ce n’est pas sa chronique, mais son avènement, son émergence. Ici, c’est la version originale qui est présentée (1895), plus longue et non expurgée des coupes sollicitées par la commission de contrôle, ou dictées par les conseils de quelques amis après sa funeste première représentation à Saint-Petersbourg. Plus longue mais non académique. La pièce parle d’amour, beaucoup. Il est rarement réciproque, toujours à sens unique: Médvedenko aime Macha, qui aime Konstantin, qui aime Nina, qui aime Trigorine, lui-même aimé par Arkadina, elle-même adulée par Dorn, lui-même aimé par Paulina qui se détache de Chamraïev.

 

Comment être aimé?

 

La mise en scène propose une forme qui interroge le propre rapport du spectateur à la représentation et à la réalité théâtrale qui en est donnée - comme un théâtre dans le théâtre, de bout en bout. En proposer la représentation, en crise, avec ses point de déséquilibre. Les dix personnages parlent d’amour certes, mais aussi et surtout du théâtre, de théâtre et de ses formes nouvelles - et d’un spectre qui hante: Konstantin paraphrase (ou répète) Hamlet, Arkadina Gertrude, Trigorine Claudius, Nina Ophélie

 

La Mouette semble être un simple et fragile édifice comme un échafaudage de planches, en un mot un plateau de théâtre. Ce n’est qu’un texte de théâtre, « un texte donné à voir », un texte que l’oeil écoute. Il faut regarder avec ses oreilles disait déjà Lear à Gloucester, au plus fort de sa démence. Un théâtre de bois, un théâtre du Monde où l’un et l’autre se font écho. « Il faut peindre la vie non pas telle qu’elle est, ni telle qu’elle doit être, mais telle qu’elle se représente en rêve. » (Tréplev)

 

 

Philip Boulay

La Mouette (Lokki)

Spectacle en langue finnoise.

 

Anton Tchékhov

 

Traduction (finnois) :

Martti Anhava and Kaisa Kukkola

 à partir de la version établie par André Markowicz et Françoise Morvan

 

 

 

Mise en scène

Philip Boulay

 

Avec le collectif Rednoseclub :

Teemu Aromaa, Marc Gassot (en alternance),

 Eero Järvinen, Amira Khalifa, Riku Korhonen, Oskari Perkki, Jouko Puolanto, Minna Puolanto, Nora Raikamo, Tatu Siivonen, Niina Sillanpää,

Jari Virman

 

Scénographie et costumes :

Paula Koivunen Lumières: Juha Tiusku

 

Son : Teemu Nurmilen

 

Réalisation du film : Kasimir Lehto

 

Photos : Tero Ahonen and Mikko Itälahti.

 

Chargée de production : Niina Bergius

 

Production :

RedNoseClub/Helsinki, Théâtre de la Ville d’Espoo - Théâtre international de Finlande. Coréalisation: Wor(l)ds…Cie, Blue-Media Studio.

Avec les soutiens :

Office culturel de la Ville d’Helsinki, Centre de promotion des Arts en Finlande, Fondation Culturelle Finlandaise, Ministère finlandais de la Culture et de l’Education,  Fondation  Kone, Fondation Alfred Kordelin, Fondation Niilo Helanderin.

 

Remerciements :

Helsinki Festival, Théâtre National de Finlande.

 

©  Philiip Boulay Wor(l)ds... Cie. Website 2019