François Regnault, Théâtre-Equinoxes, Ecrits sur le théâtre – 1, Actes Sud, 2001

 

Le théâtre serait un exemple, ou plutôt une issue de l’éthique, en ce que c’est le discours de l’Autre, par définition, qui s’y livre. (…) De l’Autre, parce que ce que disent les personnages sur la scène, c’est un autre qui l’a écrit, et parce que les personnages sont autres entre eux, et aussi autres qu’eux-mêmes : «Avoir été toujours celle que je suis – et être si différente que celle que j’étais», dit la Winnie d’Oh les beaux jours.

 

(…) de Sophocle (Antigone, Œdipe à Colone), Aristophane, Plaute (Amphitryon), Shakespeare (Hamlet in extenso), Molière (Amphitryon, le Misanthrope, l’Avare), Claudel (toute la «trilogie»), Genêt (Le Balcon) : «Comment mieux illustrer la fonction de l’inconscient que j’ai défini  «discours de l’Autre» que dans la perspective que nous donne une expérience comme celle du rapport de l’audience à Hamlet ?» [J.Lacan]

 

Comme si on entendait sur le théâtre un discours qui ne serait pas du semblant, alors que le théâtre passe pour être le lieu par excellence du simulacre. Mais justement, l’essence frictionnelle de la vérité s’y avère, l’acteur y est l’hypocrite par excellence, tout personnage pourrait s’y appeler le Menteur. Comme s’il n’y avait même pas besoin du piège que tend Hamlet pour saisir la conscience du roi et sa culpabilité (qui est la sienne propre), parce que tout théâtre contient le théâtre dans le théâtre à l’infini, tout comme il n’y a pas de métalangage, parce que tout langage contient déjà en lui-même son métalangage.

 

 

 

Proverbe malien rapporté par Sotigui Kouyaté.

 

« Celui qui sait et qui sait qu’il sait est un savant, il faut le suivre.

Celui qui sait et ne sait pas qu’il sait est un dormeur, il faut le réveiller.

Celui qui ne sait pas et sait qu’il ne sait pas est un chercheur, si on peut on le guide.

Celui qui ne sait pas et ne sait pas qu’il ne sait pas est un danger public, il faut le tuer. »

 

 

 

 

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